samedi 20 janvier 2018

13 à table 2015, Collectif d'auteurs pour les Restos du Cœur


Depuis 2015, les éditions Pocket publient chaque année, à l’approche des fêtes et au bénéfice des Restaurants du Cœur, un recueil de treize nouvelles autour d’un thème commun : un repas. Un livre acheté pour la modique somme de 5 €, c’est trois repas distribués. Une bonne action en échange d’un chouette moment de lecture, pour vous ou la personne à laquelle vous l’offrez. Bien sûr, chaque année, je me retrouve à offrir sans retenue ce livre autour de moi sans l’avoir jamais lu moi-même. Ça ne pouvait plus durer !

Ce qui est vraiment plaisant dans ce recueil, c’est qu’il regroupe des histoires d’auteurs célèbres mais dans des genres très variés. De Maxime Chattam ou Franck Thilliez à Eric-Emmanuel Schmitt en passant par le duo Marc Levy / Guillaume Musso, cela a été pour moi l’occasion de découvrir des plumes auxquelles je ne m’intéresse habituellement pas. Si je n’ai pas crié au génie à la lecture de chaque nouvelle, la plupart d’entre elles m’ont néanmoins plu et j’ai passé un très bon moment. Alors je ne vais pas les citer toutes ici une par une, simplement vous parler de mes trois préférées.

Pour ceux qui passent souvent sur eTemporel et s’attendaient légitimement à retrouver celle de Maxime Chattam parmi elles, c’est raté ! Sa nouvelle, Maligne, était plutôt sympa mais la chute m’a fait l’effet d’un soufflet qui retombe et admettez que pour un repas de fête, c’est quand même dommage ! Non, j’évoquerai plutôt Fantôme, de Guillaume Musso - comme quoi, tout arrive ! -, La part de Reine, d’Eric-Emmanuel Schmitt et Gabrielle, de Franck Thilliez.

Dans la première, Guillaume Musso oublie complètement le thème du repas de fête pour évoquer un capitaine de police, Constance Lagrange, atteinte d’une tumeur au cerveau. Une femme très attachante qui, malgré ses ennuis de santé, se laisse guider par sa curiosité naturelle et va mener une drôle d’enquête sur les traces d’un fantôme. La chute est sympathique et la plume plaisante.

La deuxième est, au contraire, en plein dans le thème puisqu’il y est question de partage, et de tout ce qu’une chienne à l’incroyable humanité peut apporter autour d’elle, à nous, les hommes. Une histoire toute simple mais vraiment magnifique et triste, une vraie leçon d’humanité. Et au final, une plume que j’ai très envie de lire à nouveau, même si elle - ou peut-être justement parce qu’elle - est très loin de ce que je lis d’habitude.

La troisième enfin nous parle d’un couple de personnes âgées qui, chaque année depuis des lustres, viennent observer les ours se nourrir juste avant leur hibernation. Il est vital pour eux d’ingurgiter autant de saumons que possible, mais cette année-là, les poissons ne sont pas au rendez-vous. Alors qui mettrons-nous sur la table ? J’ai aimé l’humour de cette nouvelle et je me suis surprise à m’attendrir sur ce vieil homme terrifié qui ne pense qu’à sauver l’amour de sa vie. La chute est juste parfaite !

Comme annoncé dans le quatrième de couverture, il y a dans ce livre du noir, de la tendresse, de l’humour, de l’absurde, de quoi satisfaire les plus difficiles d’entre nous. Alors si vous cherchez votre prochaine bonne action, n’hésitez plus, il est encore temps d’acheter la version 2017 de 13 à table ! Les Restaurants du Coeur ont besoin de vous.

Note : ★★★★☆

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13 à table, Collectif d'auteurs pour les Restos du Cœur
Pocket (2015) - 274 pages - Support papier - Nouvelles et Recueils

Le livre réunit les œuvres d'un éventail d'écrivains bien connus. Ont ainsi participé au projet : Marc Levy, Eric-Emmanuel Schmitt, Françoise Bourdin, Guillaume Musso, Maxime Chattam, Alexandra Lapierre, Agnès Ledig, Pierre Lemaitre, Frank Thilliez, Jean-Marie Perier, Gilles Legardinier, Bernard Werber et Tatiana de Rosnay. 13 auteurs pour 13 nouvelles centrées autour d’un thème commun : un repas. Intrigues policières, réunions de famille qui dérapent, retrouvailles inattendues… Du noir, de la tendresse, de l’humour, de l’absurde, à chacun sa recette.

jeudi 18 janvier 2018

Lecture commune - Les enfants de cendres


Kristina Ohlsson est analyste pour la police nationale suédoise. Elle a aussi travaillé au ministère des affaires étrangères en tant qu’experte du Moyen-Orient. De quoi écrire des thrillers plein de réalisme et d'authenticité ! Les Enfants de cendres est le premier volet des enquêtes de Fredrika Bergman, qui en comportent trois, lesquels sont tous dans ma PAL. Il était plus que temps de s'y mettre !

En début de semaine, Julie m'a proposé une petite lecture commune. Nous avions toutes les deux cet ouvrage dans nos PAL et il nous tentait bien. Il n'en fallait pas plus pour nous organiser et c'est ainsi qu'à compter du 8 févier 2018 - ou à peu près, on n'est pas à l'heure non plus ! - nous nous lancerons dans l'aventure. Si cela vous tente, n'hésitez pas à vous signaler, nous serons heureuses de partager ça avec vous.

A très vite pour un petit bilan !


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Les enfants de cendres, de Kristina Ohlsson
Éditions J'ai Lu (2012) - 442 pages - Support numérique - Thrillers & Polars

Au milieu d'un train bondé, une petite fille disparaît. En dépit d'une centaine de témoins potentiels, personne n'a remarqué quoi que ce soit. Sa mère était descendue sur le quai pour passer un coup de fil, et n'a pu regagner le train à temps. Affolée, elle a alerté les contrôleurs qui ont gardé un oeil protecteur sur l'enfant endormie. Pourtant, à l'arrivée en gare de Stockholm, la fillette s'est volatilisée. On ne retrouve que ses chaussures sous la banquette... Une équipe de police, assistée par l'enquêtrice Fredrika Bergman, est chargée de l'affaire. Mais quand l'enfant est découverte dans le nord de la Suède, morte, les mots « non désirée » inscrits sur le front, le dossier se transforme en cauchemar : un tueur impitoyable est dans la nature, et la petite Lilian n'est que la première d'une longue liste...

dimanche 14 janvier 2018

Lecture commune - La belle sauvage


Il y a des sagas littéraires qui font l'unanimité auprès de tous les lecteurs. Dix-sept ans après la fin de la publication de sa trilogie-phare A la croisée des mondes, Philip Pullman est de retour avec La Belle Sauvage, premier tome d’une nouvelle trilogie se situant en marge de cette oeuvre originelle. L’auteur nous propose de découvrir les origines de l’histoire, en remontant au temps où Lyra, l’héroïne, n’était encore qu’un tout petit bébé.

Sur l'Imag'In Café, c'est Gabrielle qui nous propose de plonger à nouveau dans cet univers en sa compagnie, pour une lecture commune qui se déroulera sur le mois d'Avril 2018. Un nouveau roman initiatique, à savourer ensemble avant la sortie du deuxième tome. Si l'envie vous tenaille, n'hésitez pas à nous rejoindre dans l'aventure, nous vous accueillerons avec un immense plaisir.


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La Trilogie de la Poussière, tome 1, de Philip Pullman
Éditions Gallimard (2017) - 530 pages - Support numérique - Fantasy

À l'auberge de la Truite, tenue par ses parents, Malcolm, onze ans, voit passer de nombreux visiteurs. Tous apportent leurs aventures et leur mystère dans ce lieu chaleureux. Certains sont étrangement intéressés par le bébé nommé Lyra et son dæmon Pantalaimon, gardés par les nonnes du prieuré tout proche. Qui est cette enfant ? Pourquoi est-elle ici ? Quels secrets, quelles menaces entourent son existence ? Pour la sauver, Malcolm et Alice, sa compagne d'équipée, doivent s'enfuir avec elle. Dans une nature déchaînée, le fragile trio embarque à bord de La Belle Sauvage, le bien le plus précieux de Malcolm. Tandis que despotisme totalitaire et liberté de penser s'affrontent autour de la Poussière, une particule mystérieuse, deux jeunes héros malgré eux, liés par leur amour indéfectible pour la petite Lyra, vivent une aventure qui les changera pour toujours.

Site de l'auteur : http://www.philip-pullman.com/

samedi 13 janvier 2018

Le vol des harpies, de Megan Lindholm


J’ai toujours su que Robin Hobb écrivait aussi sous le nom de Megan Lindholm, mais je n’avais encore jamais rien lu de la seconde, je crois. Une des choses que j’apprécie beaucoup chez cet auteur, ce sont ses personnages qui sont toujours si bien travaillés, avec une personnalité propre, des sentiments toujours très fouillés et une évolution souvent passionnante. C’est presque une marque de fabrique, et on retrouve bien sûr ce talent chez Megan Lindholm. Vous allez voir que ce n’est pas le seul !

Tout commence par une vengeance. Celle de Ki, jeune veuve dont le mari et les enfants ont été assassinés et dévorés par des harpies. En représailles, elle décide de s’infiltrer dans leur nid pour détruire leurs oeufs et leur faire ainsi autant de mal qu’elles lui en ont fait. Mais la vengeance apporte rarement l’apaisement escompté, et c’est très abattue qu’elle se rend dans la famille de son mari pour partager son deuil. On la retrouve deux ans plus tard, esseulée, alors qu’elle est sur le point de s’engager dans un dangereux col de montagne au cœur de l’hiver. Que s’est-il passé pendant ces deux années et comment Ki en est-elle arrivée là, c’est ce que Le vol des harpies va nous amener à découvrir.

Je disais plus haut que Megan Lindholm avait d’autres talents que celui de nous faire rencontrer de fabuleux personnages. Et sa capacité à créer un univers dense et riche n’est pas le moindre ! Des us et coutumes romni à la déification des harpies par le peuple de Sven, l’époux de Ki, c’est dans un beau voyage qu’elle nous entraîne là. Les créatures “mi-homme mi-oiseau”, dotées d’intelligence, présentent en outre un extraordinaire pouvoir : elles peuvent permettre aux humains de renouer avec leurs morts et sont vénérées pour cela. L’acte de Ki prend, dès lors qu’on sait cela, de toutes autres proportions.

Le récit alterne ainsi entre les événements qui se sont déroulés dans la famille de Sven, que l’on devine bien vite dramatiques, et la difficile traversée de ce fichu col, en compagnie d’un étranger du nom de Vandien. J’ai particulièrement apprécié les flashbacks et le personnage énigmatique de Cora. J’ai aimé découvrir ce peuple qui voue un véritable culte aux harpies, ses rites, sa religion, sa société. En revanche, les chapitres se déroulant sous le Col des Sœurs m’ont moins convaincue, j’ai trouvé qu’ils traînaient un peu en longueur, comme s’ils n’étaient là que pour servir de faire-valoir aux autres. Et on ne sait pas très bien où tout cela nous mène au final...

Il s’agit du premier roman de l’auteur, et j’ai envie de dire que cela se sent. L’écriture est moins fluide que dans ses autres sagas, elle bute, elle accroche, et je me suis surprise à devoir relire certaines phrases plusieurs fois. Mais Megan Lindholm avait d’ores et déjà toutes les cartes en main, il lui suffisait d’apprendre à les jouer, ce que Robin Hobb a su faire avec brio. Lirais-je la suite ? Evidemment !

Note : ★★★★☆

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Ki et Vandien, tome 1 : Le vol des harpies, de Megan Lindholm
J'ai Lu (2006) - 286 pages - Support papier - Fantasy

La jeune Ki voit rouge le jour où sa famille se fait massacrer par les harpies, des créatures ailées sacrées aux yeux de tous. Bravant l'interdit, elle détruit le nid de l'une d'elles et la tue. Désormais poursuivie sans relâche, tant par les harpies que par leurs nombreux serviteurs humains, et prête à tout pour leur échapper, Ki accepte de convoyer un chargement vers la lointaine Diblun, quitte à devoir emprunter le redoutable Col des sœurs. Un seul homme, Vandien, voleur de profession, ose la suivre et se dresser à ses cotés contre la toute puissance des harpies. Leur périple s'annonce long et périlleux.

Site de l'auteur : http://www.meganlindholm.com/

dimanche 7 janvier 2018

Phobos 4, de Victor Dixen


On se retrouve aujourd’hui avec la chronique du dernier tome de la saga Phobos, de Victor Dixen. Si j’avais été emballée par le premier, le deuxième m’avait un peu déçue, l’intrigue ne progressant pas vraiment et les longueurs s’accumulant. Le troisième opus abordait à nouveau des sujets plus sensibles et donc plus intéressants, tout se délitait et la tension montait graduellement jusqu’au dénouement final. L’auteur aurait pu choisir de s’arrêter là, mais il en a décidé autrement pour nous montrer le retour des pionniers sur Terre. Alors bon ou mauvais choix ?

C’est à leur arrivée en orbite terrestre que l’on reprend contact avec Léonor et ses compagnons. Avec un immense plaisir, j’ai vu ce dernier volume renouer avec les thèmes du premier, à savoir la médiatisation et les effets pervers de la célébrité. Car à peine ont-ils de nouveau le pied sur terre que leurs sponsors leur proposent d’ouvrir leur propre chaîne - Youtube, même si ce n’est pas clairement précisé -, sur le sujet de leur choix. Seulement, lorsqu’on s’expose aux glorieux feux de la rampe, il faut être prêt à voir sa vie privée déballée aux yeux de tous. Et nos Martiens ont encore quelques secrets difficiles à révéler.

Enfin, quand je dis “quelques”, c’est un doux euphémisme : de l’identité du tueur d’Alexeï aux conséquences de la vérité sur la mort de Marcus, en passant par le douloureux passé de Léonor et la naissance de la Salamandre, les sujets sont vastes et nombreux, et Victor Dixen avait de quoi faire. Il articule habilement son histoire autour des différentes chaînes de nos pionniers et les procès d’intention se multiplient, accentués dans l’ombre par l’ennemie de toujours, c’est-à-dire Serena McBee qui, loin d’être neutralisée, oeuvre en douce à déchaîner les foules.

J’ai particulièrement apprécié ce passionnant aspect du livre. Chaque pionner réagit de manière différente à son retour sur Terre : il y a ceux qui tentent encore de réaliser leur rêve, ceux qui s’engagent au nom de la vérité et de la justice, ceux qui luttent pour leur vie et toujours Léonor, dont la valse hésitation entre ses deux prétendants, Marcus et Mozart, passe enfin au second plan au profit de la recherche de ses origines. Pourtant, malgré les épreuves qui se succèdent, ils restent unis, soudés, convaincus que le salut passe par la cohésion, comme sur Mars. Vraiment, j’ai beaucoup aimé… jusqu’à la fameuse communication en provenance de Mars.

La scientifique en moi n’a tout bonnement pas réussi à y croire. J’ai trouvé ça tiré par les cheveux et là où, apparemment, de nombreux lecteurs ont fondu en larmes, je suis juste restée dubitative et carrément frustrée. Remettons-nous dans le contexte : il est question d’astrophysique, d’aller coloniser une autre planète, la planète Mars en l’occurrence où quiconque suit un tant soit peu l’actualité sait qu’à l’heure actuelle, la vie n’est pas possible sans structure adaptée. Alors certes, toute cette histoire est romancée, cela va de soi, mais ça… Non, c’est vraiment le retournement de situation de trop, d’autant plus qu’il s’accompagne d’une fin hollywoodienne digne du dernier film catastrophe en date !

Au final, c’est une immense déception. J’avais beaucoup aimé les trois quarts du roman mais je le termine, lui et toute la saga du coup, sur un sentiment très mitigé. Un cycle qui se veut moderne et dans l’air du temps, mais qu’on a malheureusement trop fait durer avec toutes les incohérences que cela implique. Dommage...

Note : ★★★☆☆

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Phobos, tome 4, de Victor Dixen
Robert Laffont (2017) - 649 pages - Support numérique - Ados & YA

Lancement des chaînes des pionniers dans 3 secondes... 2 secondes... 1 seconde... Ils peinent à reprendre leurs marques. Ils sont les derniers survivants du programme Genesis. Après avoir traversé un désert de solitude, ils sont emportés par un tourbillon de célébrité. Elle peine à reprendre son souffle. Obsédée par des questions sans réponse, Léonor refuse les honneurs et les caméras. Le danger planant sur la planète bleue est-il vaincu pour toujours ? Les secrets hantant la planète rouge sont-ils enfouis à jamais ? Et si, d'un bout à l'autre du système solaire, tout pouvait basculer à nouveau ? Même si l'angoisse mène au bord de l'asphyxie, il est trop tôt pour respirer.

Site de l'auteur : http://victordixen.com/accueil